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23/11/10

[Critique] Raiponce

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Pour leur 50eme film d’animation dit « Grand Classique », les studios Disney ont décidés de concrétiser un projet datant du vivant de Walt Disney et qui aura connu de nombreuses modifications, celui de l’adaptation de Raiponce, conte des Frères Grimm. D’abord envisagé au début des années 2000 comme une parodie moderne de conte de fées à la Il Etait une Fois, le projet sera passé dans les mains du grand Glen Keane (l’animateur de Ariel, la Bête …), qui se tourna vers une approche plus classique de l’histoire ; avant de se voir confié en 2006 à Byron Howard (le réalisateur de Volt – Star Malgré Lui) et Nathan Greno (animateur sur Mulan ou encore Bienvenue chez les Robinson). Le tout sous la houlette de John Lasseter, devenu entre temps directeur de la branche animation du studio, et bien décider à remettre sur pied un empire qui n’aura cesser de chuter dans l’estime des amateurs de cinéma après un début de 21eme siècle plutôt pauvre à quelques exceptions. Malgré de nombreuses bonnes intentions, la crainte à l’égard de Tangled (titre en VO) se fait sentir, face à une promotion calibrée sur l’humour du film et uniquement sur celui-ci pour éviter un nouvel échec à l’image de celui de la Princesse et la Grenouille, qui n’aura marché qu’en France ; laissant sous entendre que le retour du charme d’antan avec le précédent film est déjà parti au profit d’un résultat plus proche de Shrek. Les craintes furent elles justifiées ? Disney signe il un nouveau classique instantané dans sa filmographie ? Réponse dans cette critique …

Cela aurait dû commencer comme un conte normal. Qui plus est, Raiponce aurait dû commencer comme le conte originel, c'est-à-dire avec un traditionnel « Il était une fois », suivit de l’histoire d’un homme et d’une femme désireux d’obtenir un enfant plus que tout au monde. C’était sans compter sur la volonté de Disney de dynamiter la mécanique qui aura fait connaître aux yeux du monde le studio avec des films comme Blanche Neige et les Sept Nains ou encore la Belle au Bois Dormant (tous deux des adaptations de contes des frères Grimm). Car le conte de fées n’est plus vendeur tel quel, et cela, John Lasseter l’a bien compris devant l’échec commercial (mais uniquement commercial) de La Princesse et la Grenouille, qui lui aussi proposait quelque chose de différent du conte de fées traditionnel. Exit donc l’introduction classique, et place à un début à la lisière entre Kuzco – L’Empereur Mégalo et Chicken Little, mais aussi place à Flynn Rider … brigand de la première heure ! Exit la tour, Raiponce (pourtant à l’origine du titre), les fleurs, les parents, la méchante sorcière et l’histoire d’amour ? Pas tout a fait. Car si le projet de Byron Howard et Nathan Greno garde dixit les concernés « the hair, the tower and Rapunzel » (et bien plus si l’on creuse un peu plus le conte et le film), il s’agit en réalité avant tout d’une relecture moderne du mythique conte allemand que d’une adaptation fidèle de l’œuvre.

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Ainsi, le spectateur suivra après un prologue mélangeant habillement scène d’exposition de conte de fées classique et dynamique moderne les aventures de Flynn et Raiponce. Le premier est un voleur de renommée dans tout le royaume où se déroule le film, et va se retrouver après un nouveau coup des plus brillants dans une tour en tentant de fuir la garde royale et ses anciens complices du crime. Sauf que Flynn s’attendait à tout, sauf à tomber sur quelqu’un dans cette tour à priori vide. Car ce vestige abandonné et caché abrite en réalité mon second, une jeune fille séquestrée par sa mère de substitution (ou de subtilisation, c’est selon …). Flynn découvre au même moment et à ses dépends la chevelure imposante de Raiponce, et par un concours de circonstances, va se retrouver avec cette dernière à l’extérieur, embarqués tous deux dans une aventure mouvementée et riche en rencontres. Ce qui est loin de plaire à Mère Gothel, qui fera tout pour récupérer son « enfant », devenu avide de curiosité à l’aube de ses 18 ans, notamment à propos de curieuses étoiles dans le ciel … En dire plus sur l’histoire de Raiponce serait trop en dire. Car même si le scénario suit le déroulement classique d’un conte de fées à la Disney, il se suit non sans déplaisir, avec un véritable sens de l’écriture qui parvient à conserver un aspect très classique tout en proposant un contenu résolument moderne. Le tout sans que l’ensemble soit indigeste ou trop déséquilibré. Le scénario de Dan Fogelman a aussi pour lui le mérite de proposer quelque chose de résolument plus développé et plus complet que le récit original qui sert de base.

Un conte de fées dépasse rarement les 5 pages, ce qui empêche le développement de beaucoup d’éléments. Il est par conséquent souvent difficile d’adapter un conte au cinéma, et particulièrement ceux des frères Grimm qui ne sont pas réputés pour leur tendresse à l’égard des enfants de bas âge … Surtout celui de Raiponce, doté de connotations sexuelles à mainte reprises et d’une fin violente ! On ne peut dès lors que saluer le travail effectué sur le scénario, puisque le film réussi sans dénaturé le conte (les connotations en moins) à développer des éléments laissés à l’abandon dans le récit originel en arrivant à ne pas alourdir le rythme de l’histoire. Le scénario arrive aussi à aborder des sujets actuels (et donc inédits) qui collent à merveille à l’histoire du conte. L’audace du studio se trouve aussi dans son pré final, qui atténue peu la teneur de la conclusion du conte, aussi sombre soit elle, dans un climax d’une rare intensité émotionnelle, chose disparue depuis les années 90 et des films comme La Belle et la Bête ou Le Roi Lion. Avant cela, l’histoire sait proposer son lot de péripéties et d’émotions, distillant avec aisance ce qu’il faut quant il faut. On pourra reprocher au scénario de Raiponce d’être trop classique par moments, mais l’ensemble est suffisamment bien écrit pour tenir en haleine et avec intérêt durant toute la durée du long métrage. Un bémol très vite oublié donc. Le cœur y est, les émotions aussi, et cela mérite d’être souligné, car rare sont les films d’animation actuels à proposer un spectacle conventionnel par quelques aspects et doté d’émotion et d’ambitions malgré tout. Un fait qui a par ailleurs souvent touché Disney dans les années 2000 (la platitude et l’absence d’ambitions du scénario de La Ferme se Rebelle sont là pour l’attesté). Le retour à un scénario de qualité et prenant n’est donc que plus salutaire et satisfaisant !

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Mais si l’histoire de Raiponce est prenante et si elle se suit avec autant d’intérêt, c’est aussi grâce à l’univers mis en place. Une composante essentielle pour un conte de fées, respectée à la lettre par Byron Howard et Nathan Greno. Même si le film s’avère très moderne dans son approche du genre, cela n’empêche en rien que Raiponce sait proposer à tout instant un univers enchanteur et particulièrement attractif. L’histoire développe ainsi un monde intéressant à plus d’un titre, puisque ce dernier réussi un pari très difficile : respecter à la perfection l’univers du conte servant de base (principalement la tour où Raiponce est enfermée) et les codes du genre (le royaume avec un gros château, la forêt imposante …), tout en apportant sa propre patte et des idées toutes plus poétiques les unes que les autres. Avec pèle mêle, une larme de soleil, une fleur aux pouvoirs magiques, des cheveux tous aussi enchantés … Le point d’orgue de cet imaginaire basé principalement sur la nature reste malgré tout les fameuses étoiles qui obsèdent Raiponce, dans une scène sur l’eau renversante d’inventivité et de poésie. On n’avait pas connu un univers Disney « princesse » aussi inspiré et inspirant pour le public depuis La Belle et la Bête ! L’immersion est par ailleurs renforcée par des décors basés sur le parc à thème Fantasyland très détaillés, et eux aussi très inspirés. Que ce soit la tour de Raiponce, le bar des brigands, la forêt ou encore le royaume en lui même, chaque espace a été pensé au millimètre près pour rendre l’ensemble plus crédible (en dépit de son aspect fantaisiste dû au genre). Dès lors, il devient très difficile de ne pas rentrer dans le film et son ambiance.

L’ambiance générale du film compte parmi ses plus grandes forces sur le plan scénaristique, avec un cocktail détonnant entre traditionalisme Disney et modernité. Entraperçu dans La Princesse et la Grenouille avec un résultat on ne peut plus convaincant, ce mélange fait encore une fois des merveilles dans le 50eme « Grand Classique » Disney, en allant même beaucoup plus loin que son prédécesseur. Le studio, à l’inverse de Dreamworks, a parfaitement compris qu’il était possible d’user d’une touche de modernité dans l’ambiance d’un film sans tomber dans les anachronismes et la culture populaire qui n’a plus rien à voir avec le récit initial, coupant dès lors l’immersion du public. Ainsi, Raiponce est dans la parfaite continuité des autres contes de fées Disney, avec sa princesse, sa magie, son humour, son ambiance enchanteresse malgré quelques moments sombres (comme dans tout conte qui se respecte), tout en insufflant une touche plus contemporaine et terre à terre dans son esprit lors de moments plus posés et sérieux. Sans pour autant désenchanter l’ensemble (un film d’animation reste aussi un film pour enfants), l’histoire du film réussie à éviter certains clichés, ou du moins, à les contourner pour proposer un regard neuf et plus adulte sur un genre qui perdure depuis des décennies sur le grand écran et dont tout le monde connaît les ficelles. La portée du récit est dès lors universelle, et peut aussi bien toucher les enfants, attirés par l’aspect histoire féerique (bien réel), que les adultes, avec un ton et un fond parfois mature et émouvant d’une manière surprenante au détour de quelques scènes. Même si Raiponce n’est pas un film qui révolutionnera la formule du studio d’une façon radicale, il est très plaisant de voir que Disney réussi à rallier les deux bouts de sa politique actuelle sans difficulté : du neuf avec du « vieux ».

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Le parfait prolongement de ce mélange se trouve dans la galerie des personnages du film, qui compte déjà parmi les meilleures proposées depuis les débuts du studio. La structure reste toujours la même, avec deux personnages principaux, des seconds couteaux et un antagoniste. Raiponce n’a en aucun cas la prétention de vouloir modifier cette disposition qui a su faire ses preuves à maintes reprises. La surprise vient en réalité dans le développement des personnalités de ces mêmes personnages, ainsi que leurs caractères. C’est bien simple, jamais des personnages provenant du studio à l’origine de Mickey n’avaient étés auparavant aussi psychologiquement fouillés ! A commencer par l’héroïne éponyme, qui est loin, très loin des gentilles princesses un peu naïves qui sont rentrées dans la légende comme Blanche Neige, Ariel (La Petite Sirène) ou encore Aurore (La Belle au Bois Dormant). Raiponce est à l’image de Tiana de La Princesse et la Grenouille, une héroïne absolument moderne, et beaucoup plus courageuse que son apparence fragile et sa fausse candeur laissent supposer. Tour à tour enfantine, malicieuse, aventurière, meurtrie ou encore adulte, la belle aux cheveux magique à de la personnalité, ce qui la rend attachante dès sa première apparition en temps qu’adulte (le prologue présentant Raiponce enfant) dans le morceau When Will my Life Begin (et ses reprises), exemple idéal pour saisir la personnalité du personnage dans toute sa grandeur. Le complément masculin à Raiponce n’est pas en reste, puisque Flynn Rider propose lui aussi une vision très différente du prince charmant Disney : c’est un voleur ! Pire que cela, ce bandit qui n’a de charmant que la prétention est opportuniste, égoïste, menteur, immature, et on en passe des défauts ! Comme dans La Princesse et la Grenouille avec l’arrogant (mais dans le fond très humain) Prince Naveen, Disney continue son exploration du prince charmant du 21eme siècle par le biais de Flynn Rider. Oublier Aladdin, le Prince Philippe et consorts … Raiponce détient tout simplement le meilleur héros du studio depuis sa création ! Tout en restant fidèle à ses principes (une histoire d’amour n’est jamais bien loin …), le studio détruit son image de marque avec ce binôme de choc, proposant ni plus ni moins que l’un des plus beaux couples Disney de toute l’histoire du studio, aussi bien en terme de character design qu’en terme d’osmose et d’intérêt !

Les seconds couteaux ne sont pas en reste, et comme souvent, il est assuré que beaucoup de spectateurs se souviendront d’eux à la sortie du film. Byron Howard et Nathan Greno ont parfaitement compris l’erreur réalisée avec La Ferme se Rebelle et ses personnages secondaires trop nombreux et pratiquement tous inutiles (ou dans le « meilleur » des cas, sous développés), et le nombre de « sidekicks » de Raiponce se réduit à 2, un par personnage principal. Celui de Raiponce est un caméléon nommé Pascal, et constitue peut être la seule déception du casting. Disposant d’un character design efficace rendant le personnage immédiatement attachant, et de quelques gags bien sentis, le personnage marque surtout paradoxalement par sa quasi absence d’intérêt dramatique. On sent que le personnage a été pensé pour amener d’abord de l’humour dans l’histoire, et ce n’est qu’à la toute fin que Pascal trouvera son utilité … le temps de quelque secondes ! Soit tout l’inverse de Maximus, second partenaire des héros et ennemi juré de Flynn Rider qui amènera entre autres le héros dans la situation qu’on lui connaît. Cheval du chef de la garde royale, l’étalon n’a qu’une idée en tête : arrêter le voleur en question, et ce par tous les moyens. Idiot au grand cœur, Maximus est un personnage hilarant, disposant de mimiques irrésistibles et de situations cocasses d’une rare justesse à chaque apparition. Véritable source comique du film, il marque de son sabot le panthéon des personnages secondaires de Disney pour toujours. On en redemanderait presque ! Deux seconds couteaux plus traditionnels dans leurs caractères donc, mais néanmoins réussis ; qui se voient complétés par une bande de brigands aussi dangereux que drolatiques, et le couple des parents de Raiponce, peut être la véritable surprise des personnages secondaires. En une scène et par un regard, le couple réussi à prendre au cœur le spectateur d’une émotion inattendue. Une simplicité que l’on ne connaissait pas au studio !

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Mais la palme du meilleur personnage revient d’une manière assez surprenante au méchant de l’histoire, à la méchante pour être exact : Mère Gothel. Un excellent Disney est un Disney qui dispose d’un méchant de qualité, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la méchante de Raiponce est une énorme réussite sur bien des aspects. Monstre de charisme, la diabolique sorcière résulte d’un mélange improbable mais terriblement efficace entre la folie hystérique et théâtrale de Yzma dans Kuzco – L’Empereur Mégalo, la complexité psychologique de Frollo dans Le Bossu de Notre Dame et enfin la méchanceté absolue de la Reine dans Blanche Neige et les Sept Nains. Mère Gothel est une manipulatrice hypocrite qui ne pense qu’à une chose : la jeunesse éternelle. Une volonté qui change des traditionnels méchants de la galerie Disney voulant absolument dominer le monde ou devenir riches pour des prétextes aussi divers que peu fouillés (voir inexistants). Ce parti pris de changer permet d’aborder un sujet brûlant de l’actualité, celui de la société basée sur l’apparence. La modernité de Gothel ne s’arrête pas là, puisque le personnage permet d’aborder la question de la maternité surprotectrice, la relation mère / fille actuelle … Le personnage est très riche en interprétations, si bien qu’il serait très difficile de toutes les mentionnées sans dévoiler toute l’intrigue. Sa personnalité fouillée et complexe est complétée par un véritable machiavélisme qui renvoie enfin au temps où les méchants Disney étaient menaçants au possible au point de faire froid dans le dos. Cela n’empêche pourtant en rien Mère Gothel de devenir un personnage attachant et compréhensible dans ses intentions, renforçant sa personnalité complexe. Et lorsque le terrible secret de Gothel est dévoilé aux yeux du public (au détour d’une scène qu’il ne sera pas prêt d’oublier d’ici tôt), tout est entièrement remis en perspective en ce qui concerne ce personnage, permettant de faire rentrer la fourbe magicienne dans le top des méchants Disney avec une aisance désarmante en tant que méchante la plus sombre. Même si Maléfique reste la meilleure antagoniste des 50 films d’animation « Grand Classique », Mère Gothel prouve comme le Dr. Facilier dans La Princesse et la Grenouille que les grands méchants sont de retour, et avec eux une richesse inespérée pour un film d’animation Disney. A l’image de l’ensemble du casting de Raiponce, moderne tout en restant attaché à la tradition du studio.

Tous ces personnages ainsi que l’approche moderne du conte des frères Grimm permettent à Raiponce de proposer au spectateur un fond plus riche que la moyenne des productions Disney. Même si fondamentalement, celui-ci reste le même que les autres, il se révèle au final mieux traité. Premièrement car Byron Howard et Nathan Greno évitent le moralisateur à tout prix, ce qui évite de faire passer le message du film avec la finesse d’un pachyderme comme dans L’Âge de Glace 3 – Le Temps des Dinosaures. Le divertissement prime avant tout, et c’est au détour de répliques, de regards ou de symboles que les thèmes et la morale du film se dévoilent. Que ce soit l’enfant venu voir le nouveau Disney ou l’adulte fan d’animation, chacun y trouvera son compte, avec un conte fin à plus d’un niveau et qui ne prend jamais le spectateur pour une imbécile ni pour un porte monnaie ambulant sous prétexte d’un nouveau Disney. Le message principal de Raiponce demeure donc le même que les autres productions du studio, soit un appel à la tolérance et à la différence, en plus d’une belle leçon d’entraide et d’amitié (voir au-delà). Mais le film d’animation en question évoque surtout avec justesse d’autres aspects de la société, et ce d’une manière parfois surprenante compte tenu de la portée tous publics du film.

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Après la critique de la sur-technologie de Bienvenue chez les Robinson, le brûlot sur la place de la télé réalité dans Volt – Star Malgré Lui et la contestation du système capitaliste dans La Princesse et la Grenouille, Raiponce pose un nouveau constat sur l’Amérique moderne, et interroge de manière subtile la jeunesse américaine sur sa condition de vie. Le film sonne dès lors comme une ode à la liberté individuelle et non-conformiste, la princesse Raiponce devant se détacher coûte que coûte de Mère Gothel, symbole fort d’une éducation castratrice et archaïque qui n’accepte pas le changement ni sa condition, préférant rentrer dans une forme de dépendance à une chevelure magique / produits esthétiques poussant à la consommation abusive et à la perte d’humanité. Mais ce n’est pas tout, puisque Raiponce, c’est dans un même temps une évocation avec justesse du passage à l’âge adulte (comme un certain Kuzco, tout aussi juste derrière sa façade de grosse farce), de la quête de soi même, de la paranoïa actuelle, de la société matérialiste prônant la jeunesse, du respect de la nature, de l’acceptation de la vieillesse, de la place moderne de la femme, de la mort … Le programme semble de cette manière assez chargé et indigeste, mais les prismes mis en place sont suffisamment riches en interprétations pour que chacun puisse le voir à sa façon, que l’on est 7 ou 77 ans. Ce constat sonne comme une bouffée d’air frais après une vague de films tel que La Planète au Trésor, Frère des Ours, La Ferme se Rebelle ou encore Chicken Little, qui avaient perdus la finesse et la richesse qui caractérisaient pourtant Disney il fut un temps. Ce renouveau se retrouve dans les thématiques, qui parviennent encore une fois à lier du neuf avec de l’ancien de manière brillante. Sous l’impulsion de John Lasseter, associé à la modernité de ses deux réalisateurs, Raiponce réussit à transcender littéralement le postulat de (et du) simple conte pour enfants pour aller vers des cimes d’intelligence qui tutoient à plusieurs reprises le travail effectué par Pixar, aussi bien dans les thèmes abordés que dans la manière de procédé.

Le spectacle est donc dans sa teneur particulièrement déconcertant d’originalité (et dans une certaine mesure, d’audace), ce qui en soit est une bonne chose. Mais le paradoxe de Raiponce est tel que cette dernière peut être facilement remise en cause, devenant aux yeux de beaucoup un défaut à l’encontre de l’œuvre. Certes, le ton global est résolument moderne, les personnages sont contemporains à la société du 21eme siècle dans leurs personnalités malgré une évolution dans un cadre médiéval et fantastique, et le message porte une constatation libre d’interprétation sur le monde d’aujourd’hui. Malgré toutes ces nuances, la formule Disney reste totalement inchangée, et ceux qui s’attendaient à une révolution absolue seront un poil déçu : si Raiponce ose quelques éléments qui rappelleront des souvenirs aux spectateurs de La Princesse et la Grenouille (non sans déplaisir), on ne peut pas échapper ni au rythme d’un conte de fées Disney (qui suit à la lettre le développement du schéma narratif d’un conte), ni aux personnages totalement opposés au départ qui se réunissent, ni aux seconds couteaux qui apportent de l’humour avant tout, et ainsi de suite … La formule est la même que celle appliquée depuis Blanche Neige et les Sept Nains, et cela met en évidence un paradoxe qui se retrouve à mainte reprises dans le film : faire du neuf avec du vieux sans trop changer les choses. On sent que l’aventure a été pensée pour faire plaisir aux fans de la première heure (conte, film de princesses, etc.), tout en essayant de dépoussiérer le mythe fondateur de manière moderne pour un autre public. Le jonglage est risqué, mais l’intention est louable, compréhensible et particulièrement réussie dans le cas présent. Cependant, beaucoup s’arrêteront à l’aspect nouveau Disney sans originalité. Rappelons que Disney sort d’une passe difficile avec un bilan des années 2000 catastrophique et une perte d’identité propre avec des films comme Lilo et Stitch ou La Planète au Trésor. La volonté première de John Lasseter est de refaire des Disney à l’ancienne, tout en apportant du cœur et de la modernité à l’ensemble. Ceci peut sonner aux oreilles de certains comme un prétexte pour masquer un éventuel défaut et un manque sérieux d’ambitions et d’originalité, mais ce n’est en aucun cas le but. La réalité est tout autre : la note d’intention est respectée à la lettre, et qui plus est, le résultat n’a rien de révolutionnaire, mais que demander de plus, si ce n’est un travail bien fait, ce qui est le cas ici présent ?

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Ce paradoxe à double tranchant se retrouve aussi dans le rythme du film. Si le rythme de l’histoire est dans la continuité des autres films d’animation Disney avec un dosage équilibré entre action, humour et émotion, Raiponce propose une approche rythmique du conte typique à la Disney assez particulière. En effet, à l’inverse de films comme La Ferme se Rebelle ou Chicken Little qui allaient à 100 à l’heure dans l’histoire compte tenu de la courte durée des films, au profit de l’émotion et de l’intérêt global (alors que des chefs d’œuvre comme La Belle au Bois Dormant ou Alice au Pays des Merveilles arrivaient à se développer longuement avec la même durée) ; le film de Byron Howard et Nathan Greno prend son temps, beaucoup même. Ce qui n’est pas pour déplaire. Car la majorité de l’œuvre est composée de dialogues et de discutions entre les personnages, à l’image de la séquence de la rencontre verbale entre Flynn et Raiponce pour la première fois qui occupe presque une dizaine de minutes dans le long métrage. Le caractère de l’histoire originale, censée se passer à l’exception du début et de la fin dans les environs de la tour, ne permet pas beaucoup de liberté dans l’espace. D’où a priori l’absence toute relative d’action. Pourtant, même après avoir quitter cette sinistre prison au bout de 20 minutes de film, les deux héros continueront avant tout de parler, au détriment de moins d’action. C’est pourquoi le final, aussi intense soit il, donne l’impression d’aller trop vite après une heure et quelques basée avant tout sur les relations entre les personnages au goût de certains. Pourtant, la véritable et grande force du rythme de Raiponce se trouve là : quitte à lasser une partie du jeune public, le film prend son temps de développer les personnalités de chacun, d’où des personnages fouillés et attachants. L’intensité émotionnelle du climax n’en devient dès lors que plus forte. Autre fait surprenant, les dialogues sont de qualité et biens écrits, ce qui peut paraître surprenant compte tenu des scénarios d’anciens films Disney qui ont rarement brillés pour leur qualité d’écriture scénaristique en terme de dialogues, surtout en ce qui concerne leur profondeur. Ce qui n’est pas le cas de Raiponce. En plus de ces dialogues porteurs de modernité dans le projet, le film n’oublie pas son lot d’action, avec deux / trois scènes plus mouvementées, dont deux particulièrement épiques.

Comme le veut le mélange action / émotion / humour, l’humour est aussi de la partie, et ce dernier aura fait couler beaucoup d’encre lors de la promotion du film avant même sa sortie. Les bandes-annonces du film laissaient sous entendre un humour parodique, proche de la relecture des contes de fées à la Shrek. L’humour de Raiponce est tout autre, se révélant moins catastrophique que beaucoup de productions Dreamworks comme craint, mais surtout, beaucoup plus subtil et varié ! A l’image des films de Pixar, il y a de l’humour pour tous dans Raiponce : un humour moderne (les tentatives de séduction de Flynn), de répétition (les avis de recherche), visuel (les gags avec Pascal ou Maximus), classique (jeux de mots, répliques clés …), mais parfois même absurde (voir un duel entre Flynn avec une poile à frire et Maximus avec une épée est assez irrésistible, sans parler des brigands de la taverne) ou encore cynique (les piques de Mère Gothel à l’égard de Raiponce sont savoureuses). Encore une fois, Disney (comme Pixar) a compris contrairement à la concurrence qu’un humour très référentiel et parodique n’est pas la clé d’un humour efficace. Cette optique donne naissance à un mariage homogène et efficace entre des styles d’humour qui correspondront à tous, et qui fera rire ou sourire au moins une fois durant la durée du long métrage. De nouveau, le travail de modernisation de la recette du studio fonctionne à merveille, et l’humour souvent actuel s’avère non seulement savoureux et particulièrement bienvenu, mais il n’empiète jamais l’histoire au profit de l’émotion. Car l’humour n’est pas la mécanique du film, au contraire, comme le souhaitait John Lasseter, il s’agit du cœur avant tout. Les craintes étaient donc infondées : même si le Disney le plus drôle reste Kuzco – L’Empereur Mégalo, l’humour de Raiponce n’est pas lourd, il est fin, juste et toujours bien placé pour ne jamais lasser le public.

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Un autre aspect moderne de Raiponce qui aura fait beaucoup parler de lui dans la communauté des fans se trouve dans la technique d’animation employée. Le 50eme film d’animation dit « Grand Classique » est un événement en soi sur le plan technique, puisqu’il s’agit ni plus ni moins que du premier conte de fées Disney en image de synthèses ! Un choix qui aura affolé les puristes de Blanche Neige et les Sept Nains, Cendrillon ou encore La Petite Sirène, jugeant l’acte comme un affront. Encore une fois, le résultat final à l’écran démontre qu’il y a eu plus de peur que de mal : Raiponce est visuellement magnifique. Et ce aussi bien en terme de technique que d’animation en elle-même. Si la patte visuelle du film est aussi particulière, c’est car Glen Keane, le dieu vivant de l’animation traditionnelle chez Disney, est derrière le character design (très réussi, sans aucune exception) et l’animation globale du projet. L’animateur aura développé avec son équipe lors de la conception du projet quant il était encore dans ses mains une technique d’animation en 3D qui permet de retrouver toute la fluidité et la complexité de l’animation traditionnelle … ainsi que la patte Disney ! Le résultat est bluffant, tant le passage entre les deux techniques semble invisible au-delà de l’aspect en relief des personnages et des décors. La 3D est un modèle de perfection en ce qui concerne la fluidité des mouvements, l’expressivité des personnages (mention spéciale à Mère Gothel, qui égale Yzma en frénésie dans le mouvement), pouvant sans aucune difficulté rivalisée avec l’animation des humains dans Toy Story 3. Même si Raiponce n’atteint pas le niveau de photo réalisme du film de Pixar en question (ce résultat n’ayant jamais été désiré par Keane), la finition des textures animées laisse admiratif, particulièrement en ce qui concerne la coiffure de Raiponce et de Mère Gothel, véritables modèles d’animation dans les détails et la finition pour les années à venir. La sensation ressentie face à un spectacle d’une telle beauté plastique est très particulière, et Disney avec ses essais plus ou moins réussis comme Chicken Little ou Volt – Star Malgré Lui ne nous avaient pas habitués à un tel degré d’excellence en matière de 3D. Impossible après vision d’imaginer Raiponce autrement qu’en images de synthèse, tant le travail de l’équipe d’animation relève de la prouesse visuelle ! C’est bien simple, le film se pose instantanément comme une référence technique !

La mise en scène de Raiponce subit elle aussi un traitement tout a fait honorable, avec des plans léchés et inspirés à plus d’une reprise. Tout est peaufiné dans les moindres détails, à commencer par la lumière, qui joue un rôle majeur dans l’histoire à plusieurs reprises d’où une opposition entre les zones éclairées et les zones d’ombre de l’image très prononcée. Le paroxysme du jeu sur la lumière s’incarnera à deux reprises : pour la lumière dans le morceau I See the Light, et pour l’ombre dans la première version de Mother Knows Best. Ces deux scènes sont par ailleurs les plus inspirées dans le choix des plans : la première joue la carte de la sobriété absolue pour laisser place à de l’émotion romantique brute (et diablement efficace), tandis que la deuxième s’amuse totalement et maîtrise à la perfection les possibilités du noir ainsi que celles du genre de l’animation pour livrer un résultat détonnant, théâtral à l’image de sa perfide interprète, mais surtout doté de véritables idées de mise en scène à la minute. Les autres scènes du film ne sont pas en reste, avec entre autre une scène d’action centrale qui pourrait sans difficulté rivalisée avec celles des Indiana Jones dans la mise en scène, ou bien des numéros musicaux efficaces quoique un peu plus classiques que les deux cités précédemment dans leur montage. Un montage général par ailleurs très réussi, et qui sait placer le plan juste quant il faut pour intensifier l’émotion ressentie durant le film.

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Le soin accordé à la mise en scène n’est finalement pas surprenant, car Raiponce est après Volt – Star Malgré Lui le second Disney à être proposé en Disney Digital 3D dans les salles équipées ! La 3D Relief devait donc se sentir dans la mise en scène, et par chance, le sujet se prête avec son immense tour à la technique sans difficultés. La politique d’animation de John Lasseter à encore frappée sur Raiponce pour le plus grand bien du film, puisqu’à l’inverse des 3 / 4 des films d’animation en 3D Relief (L’Âge de Glace 3, Shrek 4, Le Voyage Extraordinaire de Samy …), le film de Disney sait utiliser la technique avec justesse, en ne proposant « qu’une » profondeur de champ très prononcée, et qui varie en fonction de l’échelle des plans et de l’intention exprimée par la scène. Ainsi, la profondeur de champ se révèle véritablement hallucinante lors de la découverte de la tour ou lors d’un plan en vue quasi subjective assez furtif de la fenêtre de la tour vers en bas afin de magnifier la grandeur du lieu et de l’événement ; tandis que cette même profondeur se resserre lors des scènes dramatiques ou plus intenses en terme d’émotion. La meilleure utilisation du format se trouve par ailleurs dans la chanson I See the Light, avec un jeu sur trois plans à la fois particulièrement réussi sans être gadget. Une véritable recherche artistique a été effectuée par l’équipe de Disney pour immerger le spectateur dans l’univers du film, et le pari est largement réussi. Car si le scénario propose un univers fort attractif et enchanteur, la 3D Relief permet justement de mettre du relief à ce dernier et de le rendre plus vivant au public. Le ressenti pour les personnages est dès lors renforcé, et Raiponce a le mérite d’éviter le moindre effet en relief gadget qui aurait pu couper le lien entre le spectateur et le film. Une véritable fenêtre vers un monde magique s’ouvre avec la 3D Relief de Raiponce, proposant par conséquent l’une de ses meilleures utilisations à l’heure actuelle !

Si le nom prestigieux de Glen Keane est associé au projet pour l’animation, un autre grand nom de l’histoire de Disney se retrouve sur Raiponce pour le plus grand plaisir des fans : celui de Alan Menken à la musique, le compositeur culte des musiques de La Petite Sirène, Aladdin, La Belle et la Bête ou encore Le Bossu de Notre Dame ! On avait laissé le compositeur sur une composition passable avec La Ferme se Rebelle et un score plutôt bon avec Il Etait une Fois, le retour du géant se devait pour l’événement anniversaire de Disney être à la hauteur des cimes musicales qu’il composa dans les années 90, permettant au studio de renaître aux yeux du public. A l’image du travail de Glen Keane sur le film, celui de Menken sur Raiponce ne déçoit nullement, et force au respect tant la patte du compositeur fonctionne toujours autant. L’ambiance musicale du film est très particulière, variant entre le pur style des chansons Disney (I See the Light, I’ve Got a Dream …), celui de Broadway (Mother Knows Best) ou bien une musicalité résolument plus proche de la musique pop rock des années 60 (la première version de When Will My Life Begin). Sans compter des reprises toutes plus efficaces les unes que les autres, dont une de Mother Knows Best puissante au possible. Le score en lui-même reste dans la lignée des précédentes compositions de Menken, avec des compositions instrumentales tout à fait réussies elles aussi, soulignant avec justesse l’action présente à l’écran sans se faire trop voyante. Il va sans dire que comme ses meilleures compositions, certains thèmes resteront à l’image de beaucoup de chansons du film dans la tête des spectateurs. Un petit bémol est tout de même à signaler quant à la qualité des chansons, et ce uniquement en VF : les paroles traduites en français sont beaucoup moins subtiles et riches en interprétations que la VO, qui offre par exemple avec I See the Light des paroles à triple sens en Anglais uniquement. La traduction des titres en VF détruit même le sens de certaines chansons, comme la reprise de Mother Knows Best, qui à cause de sa traduction française (N’Ecoute que Moi) passe à côté de la subtilité de la reprise. Dommage.

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Enfin, comment terminer un avis sur un film d’animation sans aborder un point essentiel dans le projet : le doublage. Composé en VO de doubleurs assez peu connus (Mandy Moore pour Raiponce, Zachary Levi pour Flynn et Donna Murphy en Mère Gothel), le casting vocal en VF du film voit trois célébrités se partager l’affiche : Maéva Méline (Mozart, l’Opéra Rock), Romain Duris (L’Arnacoeur) et Isabelle Adjani (La Journée de la Jupe). Ce casting vocal à priori 3 étoiles de Raiponce confirme la tendance inaugurée avec Volt – Star Malgré Lui et perdurée avec La Princesse et la Grenouille : le doublage français gagne en prestige ce qu’il perd en qualité. Car les noms ne font pas tout, et bien souvent, les voix françaises du film sont à côté du ton juste, rendant parfois l’écoute assez désagréable. Maéva Méline arrive à doubler correctement Raiponce dans ses moments de pure naïveté, mais quant il s’agit de devenir plus sérieuse et mature, le résultat est très inégal, au même titre que Romain Duris dont la voix colle souvent très mal au tempérament baroudeur et tombeur de Flynn. Seule Isabelle Adjani s’en sort avec le plus d’honneurs dans cette affaire, avec un doublage de Mère Gothel particulièrement réussi lors des moments les plus théâtraux du personnage. Un bémol reste à poser sur sa prestation malgré tout, quant le personnage passe à un ton plus agressif et perfide, la voix de l’actrice restant trop dans l’exagération et l’aigu, faisant retomber de temps à autre la menace incarnée pourtant à la perfection par Donna Murphy en VO. La constatation pour les chansons est la même : un doublage plutôt correct, mais très inégal à mainte reprises. La vision de la VO est par conséquent largement conseillée pour profiter pleinement de l’intensité émotionnelle du film, et vivre l’histoire dans le ton juste de manière continue.

Au final, la publicité était donc encore une fois mensongère, et le résultat au-delà des espérances : Raiponce, le 50eme « Grand Classique » des studios Disney est une très grande réussite ! En adaptant l’un des plus célèbres contes de l’histoire de la littérature, Byron Howard et Nathan Greno arrivent à relancer la machine d’un studio en perte de vitesse depuis quelques années avec brio. Et ce grâce à un scénario particulièrement travaillé, livrant un contenu à la fois respectueux de l’héritage Disney et très moderne dans son approche du mythe de la demoiselle aux cheveux longs. De cette approche découle une histoire contemporaine dans ses thématiques et riche en émotions, des personnages haut en couleurs, attachants et profonds ; mais aussi un univers poétique, une ambiance magique, un rythme soutenu, une belle morale, une dose d’originalité, de l’humour efficace et pour tous … La réussite ne s’arrête pas là, et s’étend aussi sur le plan technique avec une animation en images de synthèse renversante de beauté, et qui n’a rien à enviée à Pixar. Le tout sublimé par une mise en scène en 3D Relief inspirée et une partition mémorable de Alan Menken. Soit tous les ingrédients réunis pour former un Disney de grand cru, ce qu’est assurément Raiponce. Un meilleur doublage français aurait rendu le résultat parfait. Mais qu’importe la langue, ou même le manque relatif d’originalité du projet, le résultat reste le même : Raiponce signe après La Princesse et la Grenouille un nouveau classique instantané, et le grand retour du studio à l’origine du film d’animation sur le devant de la scène ! Le charme d’antan opère totalement de nouveau, faisant de Raiponce le meilleur divertissement familial de Noël 2010, mais aussi l’un des meilleurs films de ce même année !

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Les +

Une relecture contemporaine et intelligente du conte de Raiponce
Le mélange entre tradition Disney et modernité
Des personnages fouillés et charismatiques
Un univers riche en poésie et immersif
La morale est juste et les thèmes abordés riches en interprétations
De l’humour fin et pour tous les goûts
Un rythme soutenu entre action, émotions, humour et réflexion
L’animation est magnifique au point d’égaler Pixar
De la 3D Relief utile au récit et sans effets gadget
Une partition de Alan Menken de haute volée
Le grand retour de Disney est confirmé

Les –

Un doublage français en demi teinte
Les paroles des chansons en français sont moins subtiles

9 / 10 

Critique rédigée par Mémé le 22 / 11 / 10.
Raiponce à été vu une seule fois en VF + 3D Relief lors de l’écriture de cet article.
Merci de respecter le travail effectué en ne copiant pas cet article sans autorisation.

Posté par Meme CHOU à 02:08 - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    J'ai lu la critique, c'est une très bonne critique même si j'ai encore du mal à digérer cette phrase : "un film d’animation reste aussi un film pour enfants" que je trouve particulièrement fausse. Les films d'animation Disney sont des films familiaux mais le genre en générale et un genre qui peut parfaitement s'adresser uniquement aux adultes, comme le montre, par exemple,Paprika de Satoshi Kon ou Akira d'Otomo...

    Posté par Arnonaud, 24/11/10 à 21:38
  • Tout d'abord, je te remercie Nonaud pour ton avis, content de voir que ma critique t'es plu.

    Après, je reconnais que je suis aller vers une généralité pour éviter de débattre pendant trois plombes sur un sujet qui n'a pas spécialement lieu d'être dans ma critique, non pas par rapport à son intérêt (je suis même le premier à défendre cette idée vu que je veux travailler dedans) mais car je dois avant tout parler du film et de ses caractéristiques. Et je reconnais avec du recul sur ma critique que je me suis même mal exprimé à mon sens en disant qu'un film d'animation reste aussi un film pour enfants.

    Je suis en effet d'accord que certains films d'animation peuvent être plus adultes (voir même totalement) dans leurs thématiques et autres, comme le style graphique (tu peux rajouter Le Tombeau des Lucioles dans la liste par exemple). Le genre en général peut en effet s'adresser aux adultes, mais n'oublions pas que pour une grande partie (j'ai pas dis tous, mais au moins la moitié, grand maximum), c'est aussi bien pour les 7 ans que pour les 77 ans.

    Les deux sont des bonnes choses cela dit, et tout dépend du traitement à mon sens. Dans Raiponce, le dosage est à mon sens parfait, parce que tout passe de manière fine je trouve. Surprenant pour un Disney dirons certains, mais encore une fois, il ne faut pas rester sur un aspect premier degré d'interprétation avec les films d'animation du studio de Mickey, sinon, on reste coincé sur les préjugés habituels de Bambi, Blanche Neige et compagnie, c'est hyper niais ...

    Y a une part de ce que j'appellerais plus de la "naïveté" enfantine volontaire pour éviter d'être trop frontal dans ses évocations et les compenser afin de ne pas être trop dur avec les enfants. Une chose que les Disney à compter des années 80 (en excluant les années 90 avec le second age d'or) et des années 2000 (jusqu'à La Princesse et la Grenouille, la concrétisation du retour) ont perdus à mon sens, et c'est souvent l'image que l'on retient le plus de Disney, malheureusement.

    Aussi, les animateurs de Mère Gothel ont eux énormément de mal à faire le personnage, car sa version vieille - je ne spoil rien, je précise, ça se sait dès les 5 premières minutes. Il y a cependant autre chose que je peux pas dire - fut dans les premières essais trop réaliste et proche d'un véritable cadavre ambulant, et trop éloigné du style du film d'animation en question d'un point de vue graphique. Le résultat reste à la hauteur je trouve, Gothel étant la plus grande réussite du film en terme de personnage.

    Par ailleurs, tous les Disney ne sont pas familiaux : la preuve avec Taram et le Chaudron Magique, Fantasia et Alice au Pays des Merveilles par exemple (et il y en a quelques autres).

    Merci en tout cas d'apporter cette nuance avec ta remarque fort intéressante, et surtout que j'avais complètement laisser de côté pour aller à l'essentiel (même si ça n'en a pas l'air compte tenu de la taille de la critique).

    Posté par Mémé, 25/11/10 à 18:49

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